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1870, LIGNE DE CHEMIN DE FER - GISORS A VERNON 

Avec une halte aux gares de Neaufles-Inval, Dangu, Guerny, Château - St Clair-sur-Epte, Berthenonville, Aveny-Montreuil, Bray-Ecos, Fourges, Gasny, Ste geneviève-Gomécourt, Giverny-Limetz, et Vernonnet...

et, avant de devenir une destination pour randonneurs et cyclotouristes, la Voie Verte fut la voie de chemin de fer qui reliait Gisors à Vernon, ligne aujourd’hui disparue.

 

Au départ de « Gisors Embranchement » la ligne contourne la localité pour atteindre la gare de « Gisors Boisgeloup » ou « Gisors Ville »

Le trafic des voyageurs, peu important fût fermé le 01/07/1939 pour le tronçon Vernon à Pacy et le 01/03/1940 sur la partie Vernon à Gisors.

Peu après un pont lui permet de franchir l’Epte avant la bifurcation d’Inval, qui donnait naissance à la ligne de Inval à Vernon tandis que celle de Pont de l’Arche continuait dans la vallée de la bonde.
Avec la concession faite au réseau de l’Eure en 1865, la ligne fût ouverte en trois tronçons, s’établissant comme suit :
De Gisors à Vernonnet le 15/07/1869
   Vernonnet à Vernon le 15/05/1870

            Vernon à Pacy le 01/05/1873

Le tronçon Vernonnet à Vernon (2km) a été construit séparément compte tenu du viaduc sur la seine à cinq travées métalliques.

Le trafic des marchandises était aussi peu important et la fermeture de Pacy à Vernon intervient en 1941, les rails ayant été principalement utilisés par les Allemands pour la construction du mur de l’atlantique.

                      

Les combats de la libération ont eu pour conséquence la destruction du viaduc sur la seine le « pont de Vernon » (il avait déjà été partiellement détruit en 1940 puis reconstruit)
                 
La ligne de Gisors à Vernon desservait les gares de : Neaufles-Inval (détruite) ensuite Guerny puis Dangu, pour arriver à Château sur Epte s’ensuit les Gares de Château sur Epte, Berthenonville (détruite), Aveny –Montreuil, Bray-Ecos, Fourges, Gasny, Ste Geneviève-Gommécourt (détruite), Giverny-Limetz et Vernonnet.

 

Le trafic marchandise permettait d’acheminer pour le compte d’entreprises installées tout au long de ce parcours. Ainsi, on trouve l’ancienne société des silos CTC expédition d’engrais et de céréales au départ de Gisors, puis à Dangu c’était l’entreprise Durand ancienne Usine Vielle Montagne transférée par la suite sur Bray et lu qui utilisait le trafic par voie ferrée. La voie desservant l’entreprise suivait l’Epte en surplomb de celle-ci et l’enjambais via un pont en béton armé toujours présent de nos jours.

 

A St Clair sur Epte la ligne desservais deux usines, d’abord la société Schmid qui recevais des tôles et expédiais des fût métalliques pour les centres de raffinages, ainsi que la société Hervé (Bordeaux St Clair) de traitement des vieux papier, paille, chiffon et qui expédiais des rouleaux de papier neuf. Il reste juste une trace sur une petite route en cul de sac ou les rails sont restés incrustés dans le passage de celle-ci.

 

A Bray et lu la société Vieille Montagne recevait des wagons de lingot de zinc, la ligne a disparue en raison des travaux de la voie verte et des aménagements de la commune.
Du côté de Fourges, semble t-il, les établissements Morel expédiaient des wagons de bois. Durant ce parcours, en se rapprochant de Gasny, on trouvait la première entrée de la société Lutétia devenue ensuite Clergeau (cartonnerie) avec une deuxièmes entrée côté Gasny.
Dans la continuité, l’entreprise AFSA (chaudronnerie et métallurgie) ainsi que la société Américain Air Filter.

 

En 1985 deux trains quotidiens, du lundi au vendredi desservaient la ligne, le premier de bout en bout et le second jusqu’à la société Schimd (St Clair sur Epte).

                   

Le nombre de wagons variait de 3 à 5 suivant la demande, ce qui donnait un trafic mensuel autour des 150 wagons pour un transport d’arrivages de 5 700 T et d’expéditions de 3 300 T (chiffres à janvier 1985).

 

Les Circulations spéciales
Le dimanche 13 juin 1976, le Copef (

Cercle Ouest Parisien d’Etudes Ferroviaires)organisa un voyage en autorail sur la ligne de Gisors à Gasny et de Gisors à Pont de l’Arche en X 4300 pour une découverte des vallées de l’Epte et de l’Andelle.

 

Le samedi 12 Mai 1979 c’est au tour d’un autorail RGP (Rame de Grand Parcours) de venir sur la ligne pour un train spécial affrété par le Comité de défense de la vallée de l’Epte. Ainsi, plusieurs associations de défense des sites ont été créées. Parmi elles, « les Amis du Vexin Français » et « l’Association des Amis de Séraincourt ». 300 personnes se sont regroupées ce samedi matin pour découvrir à la vitesse de croisière de 20 km/heure cette vallée traversée par la rivière l’Epte.

                    

Lors du parcours retour, le lent cheminement de l’autorail a été interrompu à la petite halte de Dampsmenil-Aveny où, depuis plus de 30 années, on n’avait pas vu pareil événement.
Tous les passagers sont descendus du train pour être accueillis par les représentants du Comité de défense de la vallée de l’Epte avec à leur tête leur président Raymond AMOUDRY et accompagné du maire de Montreuil sur Epte, Jacques CHEYLUS.

Le Comité de défense fut créé pour s’élever contre l’ouverture d’une carrière d’exploitation de sable et gravillons qui avait pourtant achevé ses études d’implantation.

                          

Au nom de la défense de la nature et des nuisances qu’une telle exploitation était susceptible d’apporter, le Comité, bien épaulé par l’Association les Amis du Vexin Français, présidée par le sénateur Chauvin et l’Association des Amis de Séraincourt, présidée par M. Robert Mesnil, est parvenu à empêcher cette ouverture.

 

C’est donc un peu en signe de remerciement que les passagers du train spécial ont été invités à se rendre à pied au château du comte de Robien où une réception leur avait été préparée.

Ainsi, l’un des derniers trains de la ligne Gisors – Vernon, avec 30 ans d’avance, a contribué à la défense de notre environnement.

                      

La fermeture définitive interviendra le 31 juillet 1989 avec en cérémonie, un passage et arrêt dans chaque gare pour rendre hommage aux Gardes barrières. L’histoire ne dit pas si le dernier train arriva à l’heure.

 

 

Depuis, la ligne de chemin de fer a retirée sa robe de fer pour laisser place à un tablier de verdure, la voie verte est née, pour le plus grand bonheur des randonneurs et des cyclotouristes.

Daniel Dauphin

juin 2010

 

Bibliographie :
Centre d’Archives Historiques SNCF Le Mans
Archives Départementales de L’Eure
Club Cartophile de Vernon et sa Région
Livre: Histoire de la ville de Vernon par Roger Dordet
Article du Courrier Picard de l’Oise du 4 juin 1979 par Raymond Masson
Photo du Viaduc : Delcampe

Photos du dernier passage : Jean et Denise Biville