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MONTREUIL SUR EPTE PENDANT LA GUERRE DE 39- 45La déclaration de guerre n’apporta que peu de perturbation dans la vie matérielle du village, hormis la mobilisation qui toucha plusieurs familles de Montreuil...
Les manifestations de la guerre se firent sentir à partir des premiers jours de mai 1940 lors de l’invasion des Ardennes par l’Armée allemande et son déferlement sur la Somme déclenchant l’exode des populations. Les premiers convois de réfugiés commencèrent à défiler sur la route de Gisors à Vernon, fuyant vers le Sud à l’étonnement général de la population mal informée de l’avance de l’ennemie.
Début juin, devançant l’arrivée des allemands, de nombreux montreuillois se joignirent aux fuyards et prirent la Route de Mantes. Le soir du même jour, ils sont à Drocourt où ils apprennent que le pont de Mantes vient de sauter. La plupart d’entre eux n’ira pas plus loin et rentrera au village, rejoint par les troupes allemandes et trouvant pour certains leurs habitations pillées. Les premiers éléments de l’armée allemande ne firent que passer. Dans les jours qui suivirent quelques troupes séjournèrent. On apprit le 10 juin que le pont sur la Seine aux Andelys avait sauté au cours de la nuit précédente. Le 11 juin les troupes françaises font sauter les 3 ponts de chemin de fer sur l’Epte.
La vie reprit dans Montreuil occupé, dans un climat d’inquiétude et d’austérité, le ravitaillement demeurant la préoccupation dominante. Bien des denrées devenues subitement rares donnèrent lieu à un marché noir odieux. Le Conseil Municipal décida de constituer un Comité d’Aide aux Prisonniers de guerre dont les membres furent des dames de la ligue catholique.
A partir de 1942, après l’entrée en guerre des Etats-Unis, les nuits sont troublées par des passages d’escadrilles et le ronflement lourd des forteresses volantes américaines.
Alors que depuis juin 1940 les allemands n’avaient fait que passer dans le village, séjournant seulement parfois quelques jours, en début 1944 une unité allemande s’installe à Montreuil dans les maisons vides et réquisitionne les pièces disponibles dans celles insuffisamment occupées. Des tranchées individuelles sont creusées dans les jardins afin de servir d’abris en cas d’attaque aérienne. Les ponts de chemin de fer détruits en 1940 par l’Armée française ont été rétablis par les allemands. L’activité aérienne vers mai 1944 ne cesse de croître en intensité. Un avion anglais est abattu au nord de Montreuil (entre Montreuil et Buhy). Le pilote anglais qui a sauté en parachute est rapidement fait prisonnier par les allemands. Des chars allemands sont installés en batterie, face à l’ouest, dans des renfoncements exécutés le long du talus de la route entre Montreuil sur Epte à Saint Clair sur Epte. Le 13 août on entend de violents bombardements sur toute la région. La bataille approche. Les ponts de chemin de fer sur l’Epte sont détruits par les FFI.
Vers le 18 août 1944 les alliés sont à Mantes, le 19 à Vernon. De nombreux allemands se replient en direction de Gisors, réquisitionnant vélos, chevaux et voitures. C’est la débâcle des troupes allemandes. Fours et ses environs sont bombardés. Dans les champs avoisinant la route d’Aveny des tanks gisent éventrés. Trois soldats anglais tués au cours de ces combats furent enterrés à la hâte au bord de la route reliant Copierres à Aveny où une stèle fut érigée en témoignage de leur sacrifice. L’approche rapide des canadiens et des anglais est annoncée (2ème armée anglaise). Précipitamment, le 29 août les derniers allemands quittent le village. On assiste à des défilés de tombereaux, de charrettes, menés par des ukrainiens et des civils français réquisitionnés sous surveillance d’allemands, de fantassins fatigués, boueux sous la pluie car il pleut d’une façon continue.
C’est le mercredi 30 août qu’apparaissent, dans Montreuil, les premiers chars canadiens et anglais venant de la route de Mantes. Quelques soldats allemands qui n’avaient pu suivre la retraite trop précipitée de leurs camarades furent découverts dans l’après-midi, désarmés et fait prisonniers par les FFI. Rassemblés sur le passage des troupes canadiennes les habitants de tout le village agitent des drapeaux tricolores. Ce défilé formidable et ininterrompu se poursuit pendant plusieurs jours. Les alliés furent accueillis à bras ouverts.et les cloches de l’église sonnèrent toute la première journée.
La commune de Montreuil sur Epte n’a pas eu à déplorer de victimes civiles pendant les 4 années de guerre mais néanmoins cette libération fut un soulagement général car cela signifiait la fin des privations, des bombardements et surtout de l’occupation.
Serge
Guibereau
27 novembre
2009
Référence bibliographique : Dampsmesnil-Aveny à travers les âges de Georges Caron. Souvenirs de Thérése Beaufour, Maurice Pinchon, Bernard Paris et de Serge Guibereau. |
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