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Famille HAZARD l NOSTALGIE DE L'ENFANCE l Famille PARIS l NOS VIEILLES FAMILLES ET PERSONNAGES ATYPIQUES l Famille PINCHON l IL ETAIT UNE FOIS A MONTREUIL SUR EPTE … l RENCONTRE AVEC MAX OTTONI, PHOTOGRAPHE l Famille MORIN
Famille MORINLa famille est implantée dans notre commune depuis au moins le XIXe siècle. Elle semble avoir pour origine la commune de Bray-et-Lu, d’après les actes conservés à la mairie de notre commune...
Lors de la consultation de ces registres communaux, il apparaît que ses membres ont été en très grande majorité des ouvriers agricoles, travaillant dans les exploitations établies à Montreuil-sur-Epte ou ses environs directs.
Le plus ancien Morin retrouvé sur la commune, lors de nos recherches dans les archives que possède encore la mairie, a été un certain Frédéric/que [1] Bénoni Clément Morin, né le 30-12-1832 à Montreuil-sur-Epte. Fils de Louis Dransin Morin et de Marie Marguerite Delamote, il mourut à l’asile départemental des Petits-Près à Plaisir (Yvelines), mais fut toutefois inhumé au cimetière de Montreuil-sur-Epte. Il ne semble pas avoir été marié et, comme tous les autres membres de la famille, il occupait la tâche de journalier agricole. Je n’ai pas pu établir de façon formelle les rapports familiaux qui lient ce personnage à la branche des Morin habitant encore actuellement notre commune.
Léon Adrien Morin était né à Bray-et-Lu le 22-02-1881 et se maria le 01-02-1902, en notre commune, à Henriette Marie Bouillette née le 10-10-1881 au Perchay ; il résidait donc à Montreuil au moment de ce mariage. Ils eurent un nombre assez conséquent d’enfants dont la plupart sont aujourd’hui décédés. Ce Léon Adrien Morin était fils de Léon Albert Morin, décédé à Bray-et-Lu le 30-12-1887, et d’Alexandrine Adrienne Dujardin, décédée à Montreuil-sur-Epte le 16-06-1892 (il y a fort à parier qu’au décès de son époux, cette dernière vint vivre chez son fils demeurant alors au hameau de Copierres).
Kléber Léon Morin, fils de Léon Adrien Morin et de Henriette Marie Bouillette, est né chez ses parents, à Montreuil-sur-Epte, au hameau de Copierres, le 24 février 1913. Il était l’aîné d’une famille nombreuse. Ses parents étant décédés alors qu’il était encore enfant, il se retrouva donc orphelin très tôt. Il travailla aussi très jeune comme ouvrier agricole dans les fermes de son village. Le 11 septembre 1943, Kléber se marie à Madeleine Lucienne Marcelle Devesly, née le 22 mai 1924, (celle-ci n’a jamais connu ses beaux-parents). De cette union sont issus neufs enfants : Jacques, Gérard, Blandine, Geneviève, Philippe, Agnès, Marie-Ange et, pour clore leur descendance en beauté, des jumelles : Christine et Sylvie.
C’est, malheureusement, le 12 septembre 1969 qu’intervint accidentellement la mort de Kléber, écrasé sous son tracteur alors qu’il était à son travail, à la ferme du Fayel : il avait 56 ans. Il est enterré au cimetière de notre commune. Madeleine, aidée de sa famille éleva alors seule ses enfants dont deux habitent toujours notre village : Jacques et Gérard. Notons aussi que seule une des sœurs de Kléber Léon Morin, Alexina Gavrel, née en 1918, vit encore à Saint-Clair-sur-Epte. Une autre de ses sœurs, Mme Pont, aujourd’hui décédée, occupait avec sa famille l’ancienne gare de Montreuil-Aveny [2] .
Le nom de famille : Dans nos provinces sises au Nord de la Loire, le patronyme « Morin » ne peut certes être attribué à des descendants de Maures comme certains linguistes ont voulu l’affirmer [3] . Ce nom de famille, ainsi orthographié : « morin », est très fréquent en Normandie et en Bretagne. Toutefois, l’hésitation peut être de mise sur l’origine de ce nom servant à désigner de très nombreuses familles vivant dans la partie Ouest de la France septentrionale car peu de chercheurs s’accordent sur l’origine étymologique de ce patronyme [4] . Certains le font aussi descendre d’un obscur saint Maurinus/Morinus/Maurus, qui aurait vécu au VIe s. et aurait été martyrisé à Lectoure (Gers), dont on ne sait pratiquement rien, et qui générera des noms de famille ou des prénoms comme Maurice, Maur ou Maury [5] . D’autres, encore, l’attribuent à un ancien nom de domaine foncier ayant été tenu par un Morin durant le Haut Moyen Âge [6] . Pour notre part, nous pencherions plutôt, dans un contexte nordique, pour une origine linguistique plus régionale d’origine celte encore en cours durant le Moyen Âge : mor, signifiant « la mer/les hommes de la mer » [7] ou « terrain à tourbe/tourbière/marais/marécage/lande », endroit où la terre est noire [8] . De là à reconnaître à ces hommes une couleur de peau (surtout du visage et des mains, d’ailleurs) brune ou plus foncée que ceux exerçant leur métier à l’intérieur des terres, il n’y eut qu’un pas qui dût être assez vite franchi nous semble-t-il. Une répartition géographique de ce nom de famille semble bien venir conforter cette hypothèse. Il est en effet curieux de s’apercevoir que les « Morin » actuels se retrouvent « effectivement surtout en bordure de mer (Côte-d’Armor, Calvados, Cotentin, Seine-Maritime) [9] , avec une répartition qui va en décroissant du bord de la côte à l’intérieur des terres et suit les fleuves » [10] . Les « Morin » sont donc des hommes à la peau plus foncée que les autres et ayant, à l’origine, exercé des métiers en relation avec la mer et les cours d’eau, ou à proximité de ceux-ci. Signalons que ce nom de famille est très anciennement attesté dans notre région du Vexin Français. C’est en effet à la seconde ligne du Testament de l’Inconnu d’Arthies, daté des années 690, que nous découvrons la toute première attestation connue de ce patronyme en Île de France [11]
En 1679, on relève un Michel Morin à Parnes (Oise), personnage qui contracta un bail auprès de Camille de Neufville, évêque de Lyon, prieur de Parnes, pour « des dîmes de Figicourt » [12] . Mais, saviez-vous ceci ? La commune d’Arthies abrita sur ses terres une famille illustre du Vexin français : les Morin de la Sablonnière. Juste après la Révolution (1789-1799), Gabriel Morin de La Sablonnière acheta le château d’Arthies à un certain « citoyen Gouttard ». Le docteur Gabriel Hyacinthe Morin, ancien officier de marine, en hérita de son père. Est-ce ce personnage que E.G. Feuilloley évoque dans son ouvrage en tant que philosophe renommé de l’époque, aujourd’hui bien méconnu ? Son Traité de la Vérité Vulgaire reste la plus connue de ses nombreuses œuvres [13] . Quoi qu’il en soit, en 1877, le château d’Arthies passe sous une autre famille, les Vente de Francmesnil. Évoquons encore cette tradition populaire de la commune d’Arthies. Chaque année, le jour de Pâques, il était de coutume d’offrir à la châtelaine un œillet blanc. La dernière fois que ce geste agréable fut accompli par la population de ce village se situe en 1832 et c’est Me Morin de la Sablonnière qui en fut l’heureuse et ultime bénéficiaire [14] .
Henri Charles
LOFFET
Novembre
2009
[1] ) Les deux orthographes figurant dans les actes officiels des divers registres de la commune.
[2]
) Tous les renseignements concernant les
Morin de Montreuil-sur-Epte ont été obtenus dans les archives
encore consultables en mairie et par le livret de famille de Mme
Madeleine Morin.
[3]
) Seule, l’orthographe
« Maurin », que l’on découvre avec constance dans
le Sud de la France peut refléter cette attribution à des
descendants Maures ayant fait souche en ces régions
méridionales.
[4]
) Les formes « Maurin/Morain »,
rencontrées en nos régions, peuvent être des formes reconstituées
orthographiquement ou bien le fait d’une famille du midi
s’étant expatriée vers nos régions plus tempérées. Voir
aussi : Olivier de Lagarde, Les noms de famille en Normandie,
(éd. Archives & Cultures), Paris, 1998, p. 164. Rappelons, en
outre, que l’avancée Maure venant d’Espagne fut arrêtée
par Charles Martel, à Poitiers, en 732.
[5]
) Albert Dauzat, Dictionnaire
étymologique des noms et prénoms de France, (éd. Larousse ;
coll. Références), Paris, 1987, p. 425. Dominique Fournier, Noms de
famille de Normandie, (éd. OREP), Paris, 2008, p.
201.
[6]
) Marie-Thérèse Morlet, Dictionnaire
étymologique des Noms de famille, (éd. Perrin), Paris, 1991, p.
710.
[7]
) Olivier de Lagarde, Op. cit., p.164.
Dominique Fournier, Op. cit., p. 201.
[8]
) A.-J. Greimas, Dictionnaire de
l’ancien français jusqu’au milieu du XIVe
siècle, (éd. Larousse ; coll. Références), Paris, 1989, p.
424. Le Norois « marr » = « mer » donnera en
Normandie les toponymes débutant par « mare- » avec le
sens d’ « étang, eau stagnante », comme Collemare,
Boquemare, Vandrimare, etc., peut-être aussi retenu. Jean Renaud,
Les Vikings en France, (éd. Ouest-France), Rennes, 2007, p.
117.
[9]
) Rappelons
que ce ne sera que vers le XVe s. que les patronymes seront fixés
de façon définitive en Normandie. Jean Renaud, Op. cit., p.
113-114.
[10]
) Olivier de Lagarde, Op. cit., p.164.
Montreuil, notre village, n’est-il pas situé le long de
l’Epte, affluent de la Seine ? De plus, les tourbières
et marécages ne se trouvent-ils pas situés le long des cours
d’eau ?
[11]
) Marcel Lachiver, Paul Rivière &
Roland Vasseur, Le Vexin français à travers les âges, (éd. du
Centre d’Animation Pédagogique et d’Audio-Visuel de la
région de Pontoise), Pontoise, 1979, p. 12.
[12] ) Arthur Lefrançois, Notice sur la commune de Parnes, (éd. O. Petit), Magny, 1874, p. 21, nte 2 (2°).
[13]
) Etienne Germain Feuilloley,
Magny-en-Vexin et ses environs, (éd ; Res Universis.
Monographies des villes & Villages de France 581), Paris 1992
(rééd. de 1872), p. 230.
[14]
) V. Hébert (instituteur), Monographie
d’Arthies, Arthies, le 20 septembre 1899, sans
pagination et écrite manuellement. Nous remercions vivement Mr
Michel Fleurier, Maire actuel de cette commune du Vexin français,
de nous avoir amicalement prêté cette Monographie fort
intéressante.
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